Société

La Tour Eiffel déménage à Marseille après un conflit de voisinage de 137 ans

Selon un document interne obtenu par notre rédaction, le monument emblématique a déposé une demande officielle de transfert auprès de la préfecture, invoquant des « nuisances sonores chroniques » et un « différend irréconciliable avec le Trocadéro ».

JP
Publié le 1er avril 2026 · Temps de lecture : 5 min
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La Tour Eiffel déménage à Marseille après un conflit de voisinage de 137 ans
La Tour Eiffel, bientôt marseillaise ? Le cabinet d'architectes retenu travaille déjà sur l'intégration paysagère. Illustration : Le Canard Dérangé

La Tour Eiffel a officiellement demandé son transfert à Marseille, a confirmé le ministère de la Culture dans un communiqué publié ce matin à 6 heures, qui a pris de court l'ensemble de la classe politique. Selon nos informations, le monument de 330 mètres et 7 300 tonnes d'acier puddlé invoque des « conditions de vie devenues insupportables » au Champ-de-Mars, et ce malgré trois médiations conduites par la préfecture de Paris entre 2019 et 2025.

« Ça fait 137 ans que je supporte les selfie sticks dans les yeux, les vendeurs de porte-clés à mon pied et ce prétentieux de Trocadéro qui me regarde de haut depuis l'autre côté de la Seine », peut-on lire dans une lettre de 14 pages, rédigée en fer forgé et déposée au greffe du tribunal administratif de Paris le 28 mars. Le document, dont notre rédaction a obtenu copie, mentionne également « 83 millions de visiteurs par an qui me touchent les piliers sans consentement » et « un taux de pollution lumineuse incompatible avec un sommeil réparateur ».

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Ça fait 137 ans que je supporte les selfie sticks dans les yeux, les vendeurs de porte-clés à mon pied et ce prétentieux de Trocadéro qui me regarde de haut depuis l'autre côté de la Seine

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Le maire de Marseille, joint par téléphone à 7 h 15, s'est dit « profondément ravi et honoré d'accueillir la grande dame ». Un emplacement a déjà été identifié sur la corniche Kennedy, entre un stand de panisses et un terrain de pétanque municipal. « Elle pourra enfin profiter de 2 858 heures d'ensoleillement par an, contre les misérables 1 662 de Paris », a-t-il ajouté, brandissant un dossier de 340 pages intitulé « Marseille, terre d'accueil des monuments incompris ».

Le cabinet d'ingénierie Bouygues-Ferraille & Associés, retenu pour l'étude de faisabilité, estime que le déménagement nécessiterait 18 mois de travaux, 47 000 convois exceptionnels sur l'autoroute A7, 214 grues à tour et « au moins trois pauses café par jour, parce que c'est la France quand même ». Le budget prévisionnel s'élève à 4,7 milliards d'euros, financé par une taxe exceptionnelle de 0,3 centime sur chaque croissant vendu sur le territoire national pendant cinq ans — ce qui, selon Bercy, couvrirait 98,2 % du coût total.

« D'un point de vue structurel, c'est parfaitement réalisable », a confié à notre rédaction la professeure Géraldine Poutre, titulaire de la chaire d'ingénierie monumentale à l'École des Ponts et Chaussées. « Le vrai défi, c'est politique. On ne déplace pas un symbole national de 10 100 tonnes sans froisser quelques egos. J'ai calculé qu'il faudrait 17 réunions interministérielles rien que pour décider de l'orientation de la Tour par rapport au mistral. »

Les Parisiens sont profondément divisés. Un sondage Ifop-Fiducial réalisé dans la nuit de lundi à mardi sur un échantillon représentatif de 2 047 personnes révèle que 43 % des habitants se disent « dévastés », 12 % « indifférents » et 45 % avouent qu'ils « n'avaient honnêtement pas remarqué qu'elle était encore là ». Le Sacré-Cœur de Montmartre aurait quant à lui adressé un courrier au ministère exprimant son intérêt pour récupérer l'emplacement vacant afin d'y installer « une terrasse panoramique avec vue imprenable sur la Seine et service de vin naturel ».

La maire de Paris a réagi par un communiqué laconique de trois lignes : « Paris ne se sépare pas de ses monuments. La Tour Eiffel est parisienne, elle restera parisienne. » Avant d'ajouter, dans un post sur X publié neuf minutes plus tard : « Et si elle part vraiment, on garde au moins les boulons. » Le Conseil d'État devrait se prononcer sur la recevabilité de la demande de transfert avant la fin du mois de juin.

Commentaires (5)

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MD
MichelDuBouchon 1er avril 2026, 07h58

ENFIN ! Ça fait 137 ans qu'on la supporte cette tour moche. Bon débarras. Par contre on garde les boulons, ça c'est non négociable.

MF
MarseilleEnForce_13 1er avril 2026, 08h12

ALLEZ L'OM ⚽ Ah pardon c'est pas le bon sujet. Mais en vrai bienvenue la Tour !!! On va la mettre entre la corniche et le Vieux-Port, avec des panisses au premier étage. Les Parisiens vont pleurer 😂😂

AI
ArchitecteIndigné 1er avril 2026, 08h34

En tant qu'architecte DPLG avec 23 ans d'expérience, je tiens à signaler que le transfert d'une structure de 10 100 tonnes est techniquement... attendez. On est le 1er avril. J'ai failli rédiger un mémoire technique de 40 pages pour rien.

TB
TouristeBritannique 1er avril 2026, 09h01

Oh no ! I just booked my trip to Paris specifically for ze Tour Eiffel. Can I get a refund pour mon Eurostar ? @Eurostar répondez svp

GP
Gérard_Pétanque_13 1er avril 2026, 09h23

On va quand même pas mettre une tour de 330 mètres à côté de mon terrain de pétanque ?? Déjà que Roger triche au bouchon, si en plus on a de l'ombre à 14h c'est plus du jeu. @MaireDeMarseille je vous préviens hein